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Alumni - GCGP - Franck Siegmund



Présentez-vous

Je m’appelle Franck Siegmund. Je suis diplômé d’un DUT Génie des Procédés de l’IUT de Rouen, obtenu en juin 2000 (à une époque où les ordinateurs mettaient bien 5 minutes à démarrer, mais où l’on pouvait encore bidouiller des programmes à l’IUT).

Je travaille aujourd’hui chez Chevron Oronite SAS, sur le site industriel de Gonfreville‑l’Orcher, où j’occupe le poste de responsable de l’équipe Optimisation des procédés et Analytics. Concrètement, mon travail consiste à améliorer la performance industrielle tout en garantissant la sécurité et la robustesse des procédés : optimisation des unités, amélioration continue, projets d’investissement, exploitation intelligente des données… avec un pied dans l’usine et l’autre dans les outils digitaux. Un équilibre parfois sportif, mais jamais ennuyeux.

Quel a été votre parcours après l'IUT ?

À la sortie de l’IUT, j’ai fait le choix d’une insertion professionnelle directe dans l’industrie chimique. Je suis entré chez Chevron Oronite comme technicien en unité pilote, d’abord à la journée, puis en horaires postés, au plus près du terrain et des réalités industrielles. Autant dire que la théorie a été vite confrontée à la pratique… et inversement. Cela allait de mesure de performance d’agitation, synthèses chimiques, mais également déplacement de futs de 200L et conduite de chariot élévateur.

Progressivement, j’ai évolué vers des postes de technicien procédé, incluant des fonctions de support technique, de pilotage de projets et d’amélioration continue. Ce parcours m’a amené à travailler sur des problématiques variées : sécurité des procédés, fiabilité des installations, optimisation des flux, Lean Manufacturing, analytics, et collaboration avec des équipes internationales.

Aujourd’hui, dans une logique de cohérence entre responsabilités et reconnaissance officielle, je suis engagé dans une Validation des Acquis de l’Expérience (VAE) pour l’obtention du diplôme d’ingénieur en Génie des Procédés. Une façon de transformer plusieurs années d’expérience terrain… en diplôme, sans avoir à retourner sur les bancs des élèves (ouf).

En quoi l'enseignement reçu à l'IUT vous a aidé à réussir la suite de votre parcours ?

L’IUT m’a donné un socle extrêmement solide, à la fois technique, méthodologique et humain. Les enseignements sont concrets, ancrés dans la réalité industrielle, et surtout orientés vers la compréhension des procédés plutôt que l’application mécanique de recettes toutes faites.

Ce que je garde le plus de l’IUT, c’est la méthode : Observer un système réel, analyser, structurer, mesurer… puis améliorer. C’est exactement cette approche que j’applique encore aujourd’hui, que ce soit pour débloquer un goulot industriel, fiabiliser un indicateur ou construire un modèle de performance.

Avec le recul, je me rends compte que l’IUT ne m’a pas seulement appris un métier, mais surtout une façon de réfléchir en ingénieur, bien avant que le titre n’arrive officiellement.

Avez-vous un souvenir marquant de vos années à l'IUT ?

S’il y a un souvenir qui me revient immédiatement, c’est le niveau d’exigence de l’IUT. Au début, soyons clairs : mes notes n’étaient pas bonnes. Vraiment pas. L’exigence était élevée, et ce n’était pas toujours simple à encaisser, d’autant plus que j’avais un parcours un peu atypique : un bac scientifique, mais aussi une fac d’anglais dans mon parcours, ce qui ne correspondait pas forcément au profil “classique” attendu.

Les enseignants râlaient parfois… certains un peu, d’autres beaucoup. Sur le moment, je me suis demandé si je n’étais pas au mauvais endroit, ou si le niveau n’était pas tout simplement trop haut pour moi.

Mais la proximité avec les professeurs, propre à l’IUT, m’a permis de comprendre quelque chose d’essentiel : S’ils étaient aussi exigeants, ce n’était pas pour nous mettre en difficulté, mais parce qu’ils croyaient en notre potentiel. Cette exigence m’a appris à travailler sérieusement, à accepter les remarques, à progresser et à ne pas me contenter de l’à‑peu‑près.

Sur le moment, on râle. Quinze ans plus tard, on remercie. Et le clin d’œil de l’histoire, c’est qu’aujourd’hui, je reviens à l’IUT… de l’autre côté. J’y interviens en 3ᵉ année, autour de sujets d’analyse des données, de traitement des données et d’amélioration continue industrielle.

Comme quoi, l’exigence qui m’a parfois fait grincer des dents à l’époque est exactement celle que je m’efforce aujourd’hui de transmettre à mon tour — avec un peu d’expérience en plus, et sans mettre de mauvaises notes…

Quels conseils donneriez-vous aux étudiants actuels ?

Mon premier conseil serait de ne jamais sous‑estimer ce que vous apprenez à l’IUT. Les bases techniques et scientifiques acquises ici sont solides, reconnues et très appréciées en entreprise. Elles servent longtemps, parfois bien plus longtemps que certaines certitudes que l’on peut avoir en sortant de l’école.

Mon second conseil – tout aussi important – serait de ne négliger ni les langues étrangères, ni les matières dites “annexes”. L’anglais en particulier est devenu incontournable : que ce soit pour échanger avec des collègues internationaux, lire de la documentation technique, participer à des projets globaux ou simplement comprendre pourquoi un mail important commence toujours par “As discussed during our last call…”.

Nous sommes des scientifiques, certes, mais même les scientifiques doivent écrire des mails clairs, préparer des rapports, synthétiser des données, présenter des résultats et gérer un minimum d’administratif. Savoir expliquer simplement un sujet complexe est aujourd’hui une compétence aussi précieuse qu’un bon calcul ou une belle modélisation.

Enfin, soyez curieux, impliqués, ouverts, et n’ayez pas peur de commencer par le terrain. Les parcours professionnels ne sont pas toujours linéaires, et c’est souvent une force. Avec de la rigueur, de l’envie et l’habitude d’apprendre en continu, l’IUT reste un excellente rampe de lancement, vers des carrières techniques, d’ingénierie, de management… ou un subtil mélange des trois.