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Solène, 28 ans. J’occupe actuellement le poste de Market manager (directrice de marché) chez IKEA à Toronto. Un marché composé de 500 collaborateurs réparti sur 2 unités : un magasin standard et un city store, nouveau format développé par IKEA depuis quelques années. J'ai obtenu mon diplôme DUT Techniques de commercialisation à l'IUT de Rouen en 2017 après deux ans en alternance, c'était presque il y a 10 ans que le temps passe vite !
2015-2017 : DUT Techniques de commercialisation (IUT de Rouen - alternance)
2017-2018 : Licence commerce, vente & marketing (CNAM Normandie – alternance)
2018-2020 : Master commerce, marketing parcours vente & distribution (CNAM Normandie – alternance)
Après l’obtention de mon DUT, j’ai eu l’opportunité de poursuivre mes études en alternance pour la licence. J’ai intégré IKEA lors de mon Master. À 20 ans, j’ai fait mes premiers pas en tant que manager relations clients au magasin de Rouen. À l’époque, il était encore rare, même chez IKEA, de confier autant de responsabilités à un alternant. J’avais toujours eu cette envie profonde d’aller au-delà du statut de “personne à former”, de contribuer concrètement, de créer de la valeur et d’avoir un impact. Mais comme le dit si bien Peter Parker: « Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités. J’ai obtenu mon master en pleine période de COVID. Comme partout en France, les recrutements ralentissaient et de nombreuses entreprises réduisaient leurs embauches. Pas vraiment la meilleure année pour démarrer ! Mais j’avais une conviction : continuer l’aventure IKEA ! C’est alors qu’une formidable opportunité s’est présentée au sein du département vente. Moi qui pensais être destinée uniquement à travailler dans le département relations client, j’ai compris une chose essentielle : les limites que nous rencontrons sont souvent celles que nous nous imposons nous-mêmes ! C’est la première fois que j’ai compris que se donner la permission d’emprunter une nouvelle voie est souvent le point de départ des plus belles découvertes de soi.
Dans certaines entreprises, il existe des programmes de développement "fast-track" pour les jeunes talents. Le 14 avril 2021, un programme nommé "Bloom" a été lancé à l'échelle globale, sélectionnant 100 personnes pour y participer. L’objectif ? Développer les futurs directeurs de demain . Évidemment, comme toute personne souffrant du syndrome de l'imposteur, je n'aurais jamais osé postuler. Mais à cette période, j'ai eu la chance de croiser des personnes qui croyaient en moi bien plus que je ne croyais en moi-même. Ma directrice de magasin a insisté pour me rencontrer, persuadée que ce programme était fait pour moi.
Le problème ? Pour un programme international, je ne parlais pas anglais. Je peux vous assurer que j'ai regretté de ne pas m'être davantage investie dans l'apprentissage de l'anglais (et la préparation des news!). La recruteuse, lors du premier entretien, m'a d'ailleurs confirmé que je ne pourrais pas passer les étapes de recrutement suivantes. Et, prise par je ne sais quelle audace ; certainement celle que nous avons tous au fond de nous, j'ai proposé un marché à la recruteuse. Si le seul obstacle était l'anglais, je m'engageais à l'apprendre en un mois et.... contre toute attente, elle a accepté.
Fidèle à ma parole, j'ai tout mis en œuvre pour relever ce défi : j'ai trouvé un professeur d'anglais, regardé toutes mes séries en anglais, et même mes amis et ma famille se sont mis à m’envoyer des messages en anglais ! Le jour de l'entretien, j'ai réussi à tenir une conversation, imparfaite, certainement truffée de fautes, mais j'ai parlé ! C'est ainsi qu'a débuté la suite de mon parcours en France.
À partir de ce moment, j'ai traversé la France, déménagé chaque année, changeant de poste avec la même fréquence (Plaisir, Toulouse, Tours : j’ai cumulé des kilomètres !). J'ai rencontré des victoires et accumulé des échecs, ceux qui marquent profondément et dont, sur le moment, on ne mesure pas l'ampleur de l'apprentissage. Il est difficile de prendre conscience de la valeur d'une chute quand on est en plein dedans, pas vrai ? Mais aujourd'hui, je sais que : Échec = feedback. Feedback= connaissance. Connaissance= pouvoir. L’échec vous donne le pouvoir.
À 26 ans, je suis devenue la plus jeune Market Manager au monde chez IKEA, avec la responsabilité du marché le plus important de France : Paris. Pourtant, je ne me suis jamais sentie prête. Et avec le recul, je crois que si j’avais attendu de l’être, je ne serais jamais là où je suis aujourd’hui. Parce qu’au fond, nous ne sommes jamais complètement prêts pour les plus grandes opportunités de notre vie. Je me souviens d’ailleurs de ma première prise de responsabilités à Toulouse. J’avais confié à mon manager : « Je ne me sens pas prête. » Sa réponse m’a marquée : « C’est justement pour cette raison que je sais que tu es la bonne personne. » Pourquoi ? Parce que les personnes qui pensent tout savoir ou être déjà prêtes risquent parfois de cesser d’apprendre. À l’inverse, celles qui doutent, qui mesurent l’ampleur de la responsabilité qui leur est confiée, sont souvent celles qui se donnent le plus, qui apprennent le plus vite et qui travaillent avec le plus d’humilité. Aujourd’hui, à nouveau, je continue mon aventure en traversant l'Atlantique et en prenant la responsabilité du marché de Toronto. Encore une fois, je sors de ma zone de confort en accompagnant les équipes dans une autre langue. Suis-je prête ? Peut-être plus qu'il y a 5 ans mais certainement moins que dans 5 ans.
Depuis le début de mon parcours, une chose me guide : avancer chaque jour avec curiosité et humilité, en cherchant non pas à être parfaite, mais à devenir la meilleure version de moi-même.
Le DUT Techniques de commercialisation est une formation reconnue dans le monde professionnel pour son exigence et sa polyvalence. Cette formation m’a beaucoup aidée lors de l’obtention de ma licence et de mon master, notamment parce qu’il m’avait déjà habituée à un haut niveau d’exigence, à la rigueur dans le travail et à la gestion de la charge de travail (intense, je sais !).
Comme aimait le rappeler l’un de nos professeurs, il s’agit d’une formation qui “forme à l’employabilité”, en nous poussant constamment à adopter une posture professionnelle, à comprendre les attentes du monde de l’entreprise et à développer notre capacité d’adaptation. Savoir travailler en équipe, savoir défendre une idée à l’oral, structurer un projet, analyser des situations commerciales et surtout gagner en autonomie. Évidemment, je recommande vivement l’alternance pour passer de la théorie à la pratique, ce qui a été un véritable avantage pour la suite !
Pendant mes études, et en parallèle de mon alternance, j'ai travaillé comme serveuse dans un bar. Ce boulot me permettait d'arrondir (et même plus) mes fins de mois. Je finissais à 3 heures du matin et j'avais développé une technique ultime pour dormir en cours sans me faire remarquer ! Un jour, Monsieur Varin, chef du département TC, m'a même renvoyée chez moi, juste pour que j'aille "me reposer".
QUI n'a pas été marqué par les fameux QCM à points négatifs de Madame Merchi, Madame Rouen-Mallet et Madame Houisse ? Je crois qu'on hésitait tous avant de se lancer !
Enfin, c'est aussi sur les bancs de cet amphithéâtre que j'ai trouvé l'une de mes meilleures amies, et je suis certaine que vous êtes assis près des vôtres.
Je suis désolée de vous dire ce que je détestais entendre à cette époque, mais vous n'êtes qu'au début de votre aventure. Et le plus beau dans tout ça ? Le meilleur est à venir !
Comme le disait Ingvar Kamprad, le fondateur d'IKEA : "Un travail ne devrait jamais être un simple gagne-pain, manquer d’enthousiasme au travail revient à gâcher un tiers de sa vie." Il m’a appris aussi que « Seul celui qui dort ne commet pas d’erreurs, commettre des erreurs est le privilège de l’homme d’action, le privilège de celui qui est en chemin. Ce sont les individus positifs qui gagnent. Ils sont une source permanent de satisfaction tant pour les autres que pour eux-mêmes. Mais gagner ne signifie pas nécessairement que quelqu’un doit perdre. Les plus belles victoires sont gagnées sans perdant ! »
Alors, mes derniers conseils :
1. Rien ne vaut le bon exemple Rien n'est plus inspirant et efficace que de montrer la voie par vos actions. Soyez la personne que vous aimeriez suivre.
2. Travaillez votre anglais !
3. On peut se retrouver avec d'importantes responsabilités financières même sans être un as des chiffres dès le départ (j'en suis la preuve avec mes 3 de moyenne en compta !). L'important est d'être conscient de cette réalité et d'être prêt à rattraper le retard et à apprendre quand cela devient nécessaire.
4. Oser demander, toujours apprendre : Si je ne sais pas, je demande de l’aide. Entourez-vous de personnes qui vous tirent vers le haut. Et si vous avez la chance de choisir, optez pour le manager le plus exigeant : c'est souvent celui qui vous fera le plus progresser et qui vous correspondra le mieux.
5. Vulnérable, authentique et résilient ! La vulnérabilité permet la connexion, l'authenticité inspire confiance, et la résilience vous permettra de vous relever de chaque défi, plus fort qu'avant.
Continuez d’oser.
OSER prendre des risques
OSER faire différemment
OSER prendre des responsabilités
OSER échouer
OSER grandir.
